Des livres qui restent un peu

Je lis un peu de tout. Des romans, des pièces de théâtre, des essais, des livres qui font réfléchir. Certains passent, d'autres restent.

Je rassemble ici ceux qui ont laissé une trace, parfois pour une idée, parfois pour quelques mots... et parfois simplement parce que je les aime.

Cyrano de Bergerac

Edmond Rostand

Pour les mots le panache, l'amour, la fierté...et cette façon qu'a Cyrano de préférer rester profondément lui-même, même lorsque cela lui coûte.

Je pourrais la relire encore et encore.

"Enorme, mon nez !

- Vil camus, sot camard, tête plate, apprenez Que je m'enorgueillis d'un pareil appendice,(...)

Déplorable maraud !"

L'homme qui voulait être heureux

Laurent Gounelle

Un roman qui ressemble presque à une conversation avec soi-même.

Je l'aime pour cette idée toute simple : certaines limites que l'on croit réelles sont parfois des croyances que l'on a fini par prendre pour des vérités.

Une livre qui se lit facilement, mais qui laisse quelques questions derrière elle.

"J'avais, comme tout le monde, vécu des instants de bonheur, mais j'avais le sentiment que je n'étais pas fait pour vivre pleinement heureux."

Manuel du guerrier de la lumière

Paulo Coelho

Ce n'est pas vraiment un livre que je lis d'une traite.

C'est plutôt un livre dans lequel je reviens piocher.

Des textes courts autour du courage, du doute, des choix, des échecs et de cette drôle de manière que l'on a d'avancer sans toujours savoir exactement où l'on va.

Je crois que je l'aime justement pour ça: il ne raconte pas comment devenir invincible. Il rappelle plutôt qu'on peut continuer à avancer même lorsqu'on ne l'est pas.

"Alors il ouvre son cœur à l'univers et demande à Dieu de l'inspirer, afin que chaque coup de l'ennemi soit aussi, pour lui, un leçon de défense."

Le Petit Prince

Antoine de Saint-Exupéry

Le Petit Prince a été une révélation pour moi. Je l’ai découvert assez tard, alors que j’étais déjà adolescente. Peut-être l’avais-je lu plus jeune, mais je ne m’en souviens pas. Ce qui est certain, c’est qu’il m’a marquée à ce moment-là et qu’il continue de me marquer aujourd’hui.

J’aime la manière dont il questionne le regard des adultes face à celui des enfants. À mesure que le Petit Prince avance, rencontre les autres et découvre le monde, il apprend aussi l’acceptation de la différence, l’attachement, l’amour que l’on porte à un être dont on s’est occupé et la place particulière que celui-ci finit par prendre dans notre cœur.

Mais surtout, ce livre me permet de garder mon âme d’enfant. Pas celle qui joue, mais celle qui regarde comme si elle voyait pour la première fois, avant tous les filtres et les biais que l’on acquiert en grandissant.

Il nous permet, quelque part, de nous voir en transparence.

Sans les « tu es trop jeune », « tu ne peux pas comprendre », « tu verras quand tu seras plus grand » ou « ce n’est pas de ton âge ». Parce qu’un enfant ne comprend peut-être pas tout ce qui lui arrive, mais il le vit malgré tout. Les événements de la vie, on les vit, parfois on les subit, et il faut avancer avec les réponses des adultes — et parfois sans aucune réponse.

C’est sans doute pour cela que Le Petit Prince reste pour moi un livre à lire et à relire. Il ne change pas, mais nous, oui. Et selon l’endroit où nous en sommes dans notre vie, ses mots semblent nous montrer quelque chose de différent.

"Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve."